Personal branding pour les gens qui détestent ça
En 2021, OpenClassrooms m'a invité sur leur podcast Le Joboscope pour parler du métier d'UX Writer. J'étais chez Leroy Merlin à l'époque. Sur le plateau, on était trois : un UX Researcher de chez Bankin, une UI Designer de chez Ubisoft, et moi. À ce moment-là, le métier commençait à peine à exister en France. Peu de gens le pratiquaient.

J'ai dit oui. C'était stressant. Je suis pas le genre de mec qui aime s'entendre parler. J'aime le craft, pas la lumière. M'asseoir devant un micro pour raconter ma vie, c'est pas naturel. Mais je l'ai fait, c'était bien, j'étais content.
Et puis j'ai disparu.
Pas de posts LinkedIn. Pas de thread Twitter. Pas de newsletter. Pas de "5 tips pour devenir UX Writer". Rien. Je me suis dit que le travail parlerait de lui-même. Que j'avais pas besoin de faire le malin sur les réseaux.
Ce qui s'est passé à ma place
Pendant que je refusais de jouer le jeu, d'autres l'ont joué. Des gens arrivés après moi, avec moins d'expérience, qui ont compris un truc que je n'avais pas compris : dans un métier qui n'existe pas encore, celui qui en parle le premier DEVIENT la référence.
Ils ont posté. Ils ont fait des conférences. Ils ont lancé des newsletters. Ils sont devenus "les" voix de l'UX Writing en France. Certains étaient très bons. D'autres, honnêtement, étaient médiocres. Mais ils étaient là. Et moi non.
Le résultat : j'ai eu les missions, les clients, les projets. Mais pas la visibilité. Pas le réseau qui va avec. Pas les opportunités qui viennent quand les gens savent que tu existes.
C'est pas une question d'ego
On pourrait croire que c'est de la jalousie. Ce n'est pas ça. J'ai pas besoin que les gens sachent que j'étais premier. Ce qui me coûte, c'est concret : des missions que j'ai pas eues parce que le client ne savait pas que j'existais. Des collaborations qui ne se sont pas faites. Des portes qui ne se sont pas ouvertes.
Être bon ne suffit pas. Il faut qu'on sache que t'es bon. Et pour un mec qui préfère construire que parader, c'est la leçon la plus difficile à avaler.
La même erreur, deux fois ?
Aujourd'hui, je suis dans la même situation. Je suis devenu AI product builder freelance. Et les DMs ont recommencé.
Même script. Même film. Et cette fois, je refuse de refaire la même erreur.
Ce blog, c'est ce que j'aurais dû faire en 2019. Raconter ce que je fais, pendant que je le fais. Rien de plus.
Sauf que je refuse aussi de devenir le mec qui poste des selfies inspirationnels le lundi matin. Le personal branding version LinkedIn bro, c'est pas moi. Ça ne sera jamais moi. Poster "Day 47 of building in public" avec un emoji fusée, j'en suis physiquement incapable.
Le blog comme solution
Ce blog, c'est ma réponse. C'est du personal branding pour les gens qui détestent le personal branding.
Le principe est simple : au lieu de parler de moi sur les réseaux, j'écris des articles qui montrent ce que je sais faire. Pas du contenu jetable qui disparaît dans un feed. Du contenu indexé, référencé, qui travaille tout seul pendant que je dors. Quelqu'un cherche "AI product builder freelance" sur Google, il tombe ici. Il lit. Il comprend. Pas besoin que je poste trois fois par semaine.
C'est du SEO, pas du social. C'est silencieux, c'est patient, et ça correspond exactement à comment je fonctionne.
Écrire, je sais faire. C'est mon métier depuis 7 ans. Performer devant une caméra, non. Mais un article bien écrit sur le bon sujet, optimisé pour les bons mots-clés, ça fait le travail sans que j'aie besoin de sourire sur une photo de profil.
Pour les autres introvertis
Si t'es comme moi : bon dans ton métier, nul en auto-promotion, allergique au personal branding. Si tu te dis que le travail devrait parler de lui-même. Je comprends. J'ai pensé ça pendant 7 ans.
Le travail ne parle pas de lui-même. Jamais. Mais t'es pas obligé de crier pour autant.
Écris. Pas sur LinkedIn, pas des threads viraux, pas du contenu qui existe pour générer des likes. Écris des trucs vrais, sur des sujets que tu maîtrises, avec ta voix, sur un support que tu contrôles. Laisse Google faire le travail de distribution.
Être premier ne sert à rien si personne ne sait que t'étais là. Mais être bruyant ne sert à rien non plus si t'as rien à dire. Le sweet spot, c'est écrire.
C'est moins spectaculaire qu'un thread viral. C'est plus lent. Mais ça dure. Et ça ne demande pas de devenir quelqu'un d'autre.
