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202411 min

Dans le bureau de… Romain Bigache, Lead Content Designer chez BforBank

Portrait de Romain Bigache, Lead Content Designer freelance
Portrait publié à l'origine par Lorem UX Writing dans la série « Dans le bureau de… », le 4 décembre 2024. Repris ici en citant la source.

De charpentier à Content designer : un parcours en zigzag, des rituels bien à lui, une boîte à outils assumée et une bonne dose de militantisme pour faire reconnaître le métier. Portrait.

En bref

  • Rôle : Lead Content Designer freelance, en mission chez BforBank
  • Avant le design : charpentier — maisons en bois dans le Lot
  • Rituel : Jiu-Jitsu Brésilien, six fois par semaine
  • Outil signature : Microphage-1, son assistant IA maison

Chevalier, agent secret ou… romain (oui, oui, de Rome) : voilà ce que je voulais être enfant. J'ai pourtant débuté ma carrière dans la construction de maisons en bois, bien loin du Content design. Deux métiers entre lesquels je trouve pourtant des similitudes.

Je compare toujours le Content design à construire une maison. Si on ne sait pas combien de personnes vont y vivre ni leurs besoins, on fait une maison générique — trop petite pour une famille nombreuse, ou inutilement grande pour un couple. C'est pareil en design : intégrer le contenu dès le départ aligne tout le monde sur les besoins réels et évite les mauvaises surprises.

Comment expliques-tu ton job à quelqu'un qui n'y connaît rien ?

J'aime partir d'une situation concrète. Imagine qu'on se rencontre en soirée, nos téléphones à plat. J'écris mon numéro sur un bout de papier. La manière de le noter change tout : elle détermine si tu pourras facilement me rappeler.

  • Sans Content design : « 0782006753 ». L'info est là, mais illisible. Quelques jours plus tard, tu hésites, tu as peut-être oublié mon prénom — et tu ne rappelles pas. 😬
  • Avec Content design : « Romain — 07 82 00 67 53 ». Lisible, mémorisable, et tu sais tout de suite de qui il s'agit.
  • Pour aller plus loin : « Appelle à n'importe quelle heure du jour et de la nuit ! 😉 ». Un détail qui crée une connexion humaine, rassure et incite à agir.

À la fin, tout est clair, simple, et tu te sens à l'aise pour rappeler. C'est ça, mon métier.

Tu voulais faire quoi quand tu étais petit ?

Chevalier, agent secret ou… romain, comme dans Astérix et Obélix ! Là où tout le monde adorait les Gaulois, je voyais dans les Romains une esthétique, une organisation et une efficacité qui me fascinaient. Cette fascination venait sûrement de mes arrière-grands-parents militaires, couverts de médailles : un univers de règles strictes et de sens de l'honneur qui m'a marqué.

En grandissant, je me suis intéressé à l'architecture. Si je n'étais pas devenu Content designer, j'aurais voulu être architecte : imaginer des espaces fonctionnels et harmonieux, où chaque détail répond à un besoin. Aujourd'hui, je retrouve cette quête d'équilibre dans mon travail — le point où le beau, le fonctionnel et le logique se rencontrent naturellement.

Comment es-tu devenu Content designer ?

J'ai commencé très loin de tout ça : la construction, avec mon père, à fabriquer des maisons en bois dans le Lot. Un métier manuel, mal considéré et peu payé, mais qui m'a appris la rigueur et le goût du solide. La suite, en accéléré :

  • Construction — maisons en bois dans le Lot, avec mon père.
  • Communication politique — études à Lille, vite désenchanté par le « cirque ».
  • Publicité — école de pub puis concepteur-rédacteur, après un stage chez Havas Paris.
  • Freelance — deux ans, mais un marché saturé.
  • Design conversationnel — mai 2019, une start-up me contacte pour écrire les dialogues d'un voicebot.
  • Content design — montée en expertise sur des sites et applis de grands comptes.

Le tournant ? En 2019, à la question « tu sais faire ça ? », j'ai répondu : « Je ne sais pas le faire, mais je suis sûr que je peux le faire. » J'ai montré mes spots radio — des dialogues entre personnages, au fond proches de l'interaction entre un utilisateur et une machine. On m'a fait confiance, et tout s'est enchaîné. 💁🏻

Le bureau de Romain Bigache : table ronde, MacBook, carnet et fauteuils

Le bureau. Une table ronde en bois, un MacBook, un carnet et un crayon, des fauteuils et beaucoup de lumière. C'est ici que tout se passe.

As-tu des rituels en tant que Content designer ?

Côté travail, pas de process rigide : chaque produit et chaque personne sont différents. Ce qui compte, c'est de démarrer par une vraie discussion.

  • Comprendre clairement le problème ou le parcours à travailler, avec du contexte — jamais un simple « fais ci, fais ça ».
  • Une approche flexible, basée sur l'échange, pour que chacun se sente écouté.
  • Des solutions adaptées à la situation plutôt qu'un cadre imposé.

Côté perso, mon cours de JJB (Jiu-Jitsu Brésilien) le lundi matin à 7h est un vrai rituel : ça lance la semaine. Je pratique six fois par semaine. C'est bien plus qu'un sport : ça m'a appris la rigueur, la gestion des moments tendus et la patience — autant sur le tatami que dans mon travail.

Un sujet qui t'a fait galérer, mais dont tu as appris ?

Faire reconnaître l'importance de notre rôle. En France, on est encore loin de valoriser pleinement l'impact du contenu UX : souvent perçu comme un « plus » ou une finition. Pourtant, le contenu, c'est la base. On ne peut pas concevoir un design fonctionnel sans savoir quel message il porte ni à quels besoins il répond.

Et c'est mesurable : un simple A/B test montre déjà l'impact direct du contenu sur les conversions ou la satisfaction. Ce manque de reconnaissance demande beaucoup de pédagogie — mais c'est aussi ce qui me motive : prouver la valeur du Content design.

Il y a quoi dans ta boîte à outils ?

  • Figma & FigJam — travailler sur les interfaces et animer des ateliers de co-création.
  • Lokalise — gérer les contenus multilingues. Chaque texte attaché à une clé : on modifie sans tout chercher.
  • Antidote — correction et analyse de lisibilité (indice Gunning Fog très pratique).
  • Trello — suivre les tâches en Kanban.
  • Mobbin — bibliothèque d'inspiration des meilleurs designs.
  • Un carnet et un crayon — parfois, poser les idées sur papier aide à voir autrement.
  • Microphage-1 — mon robot basé sur ChatGPT, qui répond aux questions sur les guidelines et fluidifie mes collaborations, notamment avec les équipes de BforBank.

Qui est LA personne sur qui tu peux toujours compter ?

Ce n'est pas une personne, mais un outil que j'ai conçu : Microphage-1. Une version personnalisée de ChatGPT, configurée avec toutes les guidelines, méthodologies et bonnes pratiques du Content design et de l'UX writing. Une sorte de « mini-moi », toujours disponible.

Son atout : il rend les choses simples. Là où un Content Style Guide classique est dense, Microphage-1 le transforme en outil interactif. Chez BforBank, il permet aux designers de vérifier une microcopie ou d'appliquer une bonne pratique sans me solliciter à chaque étape — et garantit la cohérence de tout ce qui est produit. Il ne remplace pas l'humain : il l'amplifie.

Un sujet dont on ne parle pas assez ?

Le problème des imposteurs. Beaucoup se disent UX writers ou Content designers sans en avoir les compétences — et sont parfois pris au sérieux. Le souci vient aussi des recruteurs, qui ne savent pas toujours ce qu'ils cherchent : en France, peu de standards clairs, peu de formations reconnues.

Il faudrait plus de professionnalisation : des formations, des certifications, une vraie sensibilisation des entreprises. Notre métier, ce n'est pas juste écrire : c'est résoudre des problèmes, clarifier des parcours, améliorer l'expérience. Jusqu'à ce que ce soit compris, il restera sous-estimé.

Un conseil pour se lancer ?

  1. Vérifie si c'est fait pour toi. Ce n'est pas juste écrire : c'est résoudre des problèmes et penser aux utilisateurs. Si tu n'as pas envie d'aider ou de simplifier, ce sera compliqué.
  2. Forme-toi. En autodidacte ou via une formation, apprends les bases de l'UX et du Content design. L'important, c'est de pratiquer.
  3. Crée ton réseau. Échange avec des UX writers et Content designers sur LinkedIn. C'est comme ça que beaucoup ont commencé.
  4. Sois curieux. L'UX évolue vite : continue d'explorer et d'affiner tes compétences.

La ressource conseillée : les vidéos du Nielsen Norman Group sur le contenu — « Writing for the Web ».

Source : portrait « Dans le bureau de… Romain Bigache », publié par Lorem UX Writing, le 4 décembre 2024. Merci à l'équipe de s'être prêtée au jeu.

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